Volkswagen ID. Buzz : le prochain Combi électrique se fait attendre jusqu’en 2030

VOLKSWAGEN ID.BUZZ
VOLKSWAGEN ID.BUZZ

Il aura fallu attendre des décennies pour revoir un Combi Volkswagen dans les rues. Il faudra peut-être patienter encore quatre ans pour découvrir celui qui doit lui succéder. Entre les deux, l’ID. Buzz aura surtout démontré une chose : un design qui fait tourner les têtes ne suffit pas à vendre une voiture électrique à grande échelle.

Volkswagen ne tire pourtant pas un trait sur son monospace. Thomas Schäfer, le patron de la marque, a confirmé au magazine britannique Auto Express qu’un successeur était en préparation. Sa commercialisation n’interviendrait pas avant 2030. Autant dire que l’actuel ID. Buzz a encore du chemin à parcourir, alors que sa carrière commerciale n’a pas pris la tournure espérée.

Le constructeur allemand voulait vendre 120 000 exemplaires par an dans le monde. En 2025, les volumes auraient atteint 60 700 unités, selon les chiffres rapportés par Automobilwoche. C’est nettement mieux que les quelque 28 700 exemplaires de 2024, mais toujours deux fois moins que l’objectif initial. Pour une voiture censée incarner le renouveau électrique d’une icône, le résultat laisse un goût d’inachevé.

Le prix a fini par rattraper le Combi

L’ID. Buzz avait pourtant quelques arguments à faire valoir. Sa silhouette ne passe pas inaperçue, son habitacle profite d’un format généreux et Volkswagen a rapidement étoffé la gamme avec une version longue, une déclinaison GTX et un modèle utilitaire. Difficile de lui reprocher un manque d’ambition.

Mais le ticket d’entrée a refroidi une partie de la clientèle.

Aux États-Unis, le prix de départ atteignait 61 545 dollars. À ce tarif, l’acheteur ne se contente pas de retrouver l’esprit du Combi. Il compare, calcule et regarde ce que proposent les autres véhicules électriques pour une somme similaire. Le capital sympathie ne pèse alors plus très lourd si l’autonomie ou les prestations de recharge ne suivent pas les attentes.

Volkswagen espérait manifestement que le souvenir de l’ancien Combi jouerait en sa faveur sur le marché américain. L’idée se défendait. Le Type 2 y conserve une image forte, associée aux voyages, au camping et à la culture automobile des années 1960 et 1970. Sauf que les clients d’aujourd’hui ne sont pas nécessairement prêts à payer le prix fort pour retrouver ces souvenirs.

Sur l’année 2025, l’ID. Buzz aurait enregistré seulement 6 140 ventes aux États-Unis. Volkswagen a ensuite suspendu sa commercialisation pour les millésimes 2026 et 2027, en prévoyant un retour en 2028 après une mise à jour.

Ce n’est pas une disparition définitive, mais la décision en dit long. La marque préfère revoir sa copie plutôt que de continuer à pousser un modèle dont les résultats ne répondent pas à ses attentes.

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Un véhicule attachant, avec des défauts bien réels

Le problème ne se résume pas au prix. L’ID. Buzz repose sur la plateforme MEB, une architecture qui a permis à Volkswagen de développer plusieurs voitures électriques, de l’ID.3 à l’ID.4. Sur un monospace lourd et volumineux, les compromis techniques deviennent toutefois plus difficiles à masquer.

L’autonomie dépend fortement de la version choisie, de la vitesse et des conditions de circulation. Pour une famille qui envisage de traverser la France pendant les vacances, la question ne se limite pas à la valeur affichée sur la fiche technique : elle concerne aussi le temps passé aux bornes et la facilité à trouver une recharge adaptée sur le trajet.

Volkswagen a bien introduit une version Pure à partir de 46 990 euros après remise en France, équipée d’une batterie de 59 kWh et annoncée pour une autonomie pouvant atteindre 330 km en cycle WLTP. Cette proposition rend le modèle moins inaccessible, mais elle impose de composer avec une réserve d’énergie plus limitée que sur les versions supérieures.

Le constructeur se retrouve donc face à un dilemme assez classique : réduire la facture sans donner l’impression de sacrifier une partie de l’intérêt du véhicule.

L’habitacle mérite aussi quelques corrections. Les commandes tactiles, notamment, ont montré leurs limites sur plusieurs modèles de la gamme. Quand il faut détourner le regard pour ajuster une fonction courante, le modernisme devient surtout une source d’agacement. Sur une voiture familiale destinée à accumuler les kilomètres, ce n’est pas un détail.

La prochaine génération doit coûter moins cher à fabriquer

C’est ici que la future plateforme SSP entre en jeu. Volkswagen la développe depuis 2021 pour remplacer progressivement plusieurs architectures actuelles du groupe. Son arrivée a pris du retard, ce qui explique en partie pourquoi le successeur de l’ID. Buzz n’est pas attendu avant la fin de la décennie.

La SSP doit permettre de rationaliser la production et de partager davantage de composants entre les différents modèles du groupe. Volkswagen envisage aussi des batteries lithium-fer-phosphate, ou LFP, à la place des cellules nickel-manganèse-cobalt de l’actuel Combi électrique.

Le choix est intéressant. Les batteries LFP sont généralement moins coûteuses et supportent bien les cycles de charge répétés. Elles présentent aussi des limites, notamment une densité énergétique plus faible, qui peut compliquer la recherche d’une grande autonomie sans augmenter le poids ou le volume de la batterie.

Pour l’ID. Buzz de demain, tout dépendra donc du dosage retenu par Volkswagen. Une batterie moins chère peut contribuer à faire baisser le prix, mais elle ne règlera pas à elle seule les questions d’autonomie et de recharge. Le constructeur devra travailler sur l’ensemble du véhicule.

Reste un point qui n’a rien de technique : les économies réalisées seront-elles réellement visibles sur le tarif catalogue ? Rien ne permet encore de l’affirmer. Volkswagen doit d’abord retrouver une rentabilité satisfaisante sur ses voitures électriques, et cette priorité pourrait limiter la baisse consentie aux clients.

Hanovre n’est même plus une certitude

Le lieu de production du futur modèle n’a pas été annoncé. L’actuel ID. Buzz sort de l’usine de Hanovre, mais le site allemand figure parmi les installations concernées par les réflexions industrielles et les économies envisagées au sein du groupe.

Le symbole serait assez fort si Volkswagen devait déplacer la production de son Combi électrique. Ce modèle est étroitement lié à l’histoire industrielle de la marque et à son usine historique de véhicules utilitaires. Mais les souvenirs ne pèsent pas lourd face aux impératifs de rentabilité lorsque les volumes restent inférieurs aux prévisions.

Le dessin du successeur est lui aussi encore inconnu. Volkswagen pourrait conserver quelques références au Combi originel, tout en s’éloignant du style rétro qui fait aujourd’hui l’identité de l’ID. Buzz. Une évolution qui aurait du sens : à force de jouer sur la nostalgie, une marque risque de limiter son public à ceux qui ont déjà une affection particulière pour son passé.

Le prochain modèle devra séduire des acheteurs qui n’ont jamais connu l’ancien Combi. Pour eux, le nom et la silhouette ne suffiront pas. Il faudra un prix défendable, une autonomie cohérente avec le format et un intérieur agréable à vivre.

Volkswagen a donc quatre ans, peut-être davantage, pour transformer une idée séduisante en proposition plus convaincante…

A propos de l'auteur

Sébastien Rabatel

Rédacteur en chef de Actu-Automobile.com depuis 2009, après plusieurs années en tant que journaliste reporter d'images en télévision. Passionné de voitures, j'en ai possédé une soixantaine et essayé plusieurs centaines, tout au long de ces 16 ans d'activité pour Actu Automobile.

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