
Il fallait bien que cela arrive. Quelques mois après le lancement de la Valhalla, Aston Martin lui offre une carrosserie découvrable. La nouvelle Spider conserve le V8 biturbo et ses trois moteurs électriques, soit 1 079 ch au total. Le plus surprenant n’est finalement pas cette puissance, mais le poids annoncé : seulement 25 kg de plus que le coupé. Une différence particulièrement faible pour une voiture qui perd son toit.
La Valhalla est un modèle important dans l’histoire récente d’Aston Martin. La marque britannique a longtemps construit son image autour de grandes GT à moteur avant. Avec cette sportive à moteur central arrière, elle change clairement de registre. Le projet avait été annoncé dès 2019 sous la forme du concept AM-RB 003. Il aura fallu attendre décembre 2024 pour découvrir la version définitive, avant le démarrage de la production en 2025.
La Spider vient aujourd’hui compléter cette famille. Et Aston Martin n’a visiblement pas souhaité transformer sa supercar en simple voiture de promenade.
350 km/h, même sans le toit
Le choix d’une capote en toile noire peut surprendre sur une automobile qui revendique de telles performances. Elle présente pourtant l’avantage de limiter l’encombrement et le poids du mécanisme. Aston Martin propose également un toit rigide optionnel en fibre de carbone.
Il y a une subtilité à connaître : avec la capote souple installée, la vitesse maximale est limitée à 200 km/h. Pour retrouver les 350 km/h du coupé, il faut rouler sans toit ou installer le panneau rigide en carbone. Une contrainte qui ne concernera probablement pas la majorité des propriétaires, mais qui montre que la gestion des flux d’air reste un sujet majeur sur cette voiture.
Le travail ne s’est pas limité à la partie supérieure de la carrosserie. Aston Martin a développé un déflecteur destiné à limiter les turbulences dans l’habitacle. L’air qui arrive au-dessus du pare-brise est redirigé pour éviter de perturber les occupants, tout en alimentant correctement la prise d’air située derrière eux. Cette dernière a d’ailleurs été rehaussée de 35 mm.
Une fois démonté, le déflecteur trouve sa place dans des rangements de 15 litres intégrés aux bas de caisse. C’est le genre de détail auquel on ne pense pas forcément lorsqu’on découvre une supercar, mais qui devient vite utile lorsqu’on retire les éléments amovibles.

Un V8 de 828 ch derrière les occupants
La mécanique ne change pas. Et c’est plutôt une bonne nouvelle pour ceux qui apprécient la fiche technique du coupé.
La Valhalla Spider reprend le V8 4,0 litres biturbo fourni par Mercedes-AMG, développant 828 ch et 868 Nm. Il est associé à trois moteurs électriques, dont deux installés sur le train avant. La puissance combinée atteint 1 079 ch, avec un couple maximal de 1 100 Nm.
La boîte automatique à double embrayage compte huit rapports. L’ensemble permet de disposer d’une transmission intégrale électrique, les deux moteurs avant pouvant gérer séparément le couple transmis à chaque roue.
Les chiffres donnent le vertige : 2,5 secondes pour passer de 0 à 100 km/h et 350 km/h en pointe. La Spider réalise donc les mêmes performances que le coupé. Une différence notable avec certaines déclinaisons découvrables qui acceptent quelques concessions pour préserver leur structure.
Il faut aussi regarder cette Valhalla comme une démonstration technologique pour Aston Martin. L’hybridation ne sert pas uniquement à réduire les émissions ou à autoriser quelques déplacements en électrique. Elle participe directement aux performances et au comportement de la voiture.

Le poids reste étonnamment contenu
C’est probablement là que les ingénieurs ont réalisé leur travail le plus intéressant. La Valhalla Spider affiche 1 680 kg avec ses équipements d’allègement, soit seulement 25 kg supplémentaires par rapport au coupé.
Pour une voiture hybride rechargeable de 1 079 ch, ce chiffre mérite d’être souligné. La structure en carbone permet de conserver une base particulièrement rigide malgré la disparition du toit. Les réglages électroniques ont également été revus, notamment au niveau de l’ESP.
L’aérodynamique reste particulièrement ambitieuse, avec plus de 600 kg d’appui annoncés. Aston Martin a donc cherché à préserver les capacités de la voiture plutôt qu’à privilégier uniquement l’esthétique de la version découvrable.
Les sièges Touring à structure carbone font partie de l’équipement standard. Les clients pourront toutefois choisir les sièges carbone du coupé sans supplément. Un choix assez révélateur : la Spider n’est pas nécessairement destinée à une clientèle qui souhaite davantage de confort que de sensations.

Ferrari et McLaren dans le rétroviseur ?
Avec cette nouvelle carrosserie, Aston Martin s’installe un peu plus sérieusement face aux constructeurs qui dominent le marché des supercars hybrides. La Ferrari 296 GTS développe 830 ch, tandis que la McLaren Artura Spider revendique 700 ch. La Valhalla joue donc avec une puissance nettement supérieure.
Attention toutefois à ne pas réduire la comparaison à une bataille de chevaux. Les architectures mécaniques, les masses et les philosophies de ces trois modèles sont différentes. La Britannique mise notamment sur son V8 et ses deux moteurs électriques avant pour proposer une expérience particulièrement singulière.
Aston Martin n’a pas encore communiqué le prix de cette Spider ni le nombre d’exemplaires prévus. Le coupé Valhalla est limité à 999 unités. Les premières livraisons de la découvrable sont programmées pour le troisième trimestre 2027.
La présentation publique doit avoir lieu à Las Vegas, lors du Concours at Wynn, du 29 octobre au 1er novembre 2026. Il restera alors à découvrir le tarif de cette nouvelle version. Avec une Valhalla déjà positionnée au-delà des 900 000 euros, il ne faudra probablement pas s’attendre à une addition raisonnable.










