
SAIC Motor a effectuée une belle percée en Europe et en France avec MG Motors. Jusqu’à présent les MG ont surtout séduit leur clients par des tarifs très compétitifs, avec plusieurs modèles placés sous la barre des 30.000 euros. Mais cette fois-ci nous assistons à une montée en gamme : la marque IM Motors pour « Intelligence in Motion » vise le haut du panier. Pour sa commercialisation en Europe, la maison mère a donc fait le choix de badger « MG » les IM5 et IM6 afin de faciliter leur diffusion. Malgré tout le logo principal de la face avant est bien celui de la nouvelle marque IM qui fait son entrée sur notre marché. En Chine ou en Australie, ce SUV est bien vendu sans le logo MG.
Mais passons à la découverte de ce nouveau SUV, qui se démarque de la concurrence par une fiche technique bien fournie. 751 ch, des roues arrière directionnelles, une suspension pneumatique, des aides à la conduite dernier cri, une architecture 800V, un mode crabe, rien ne manque ! De quoi en faire une nouvelle référence ?
Un design très différent des autres MG
Avec 4,90 m de long par près de 2 m de large, le nouveau MG IM6 en impose. Il adopte un profil de SUV coupé avec une poupe fuyante. Les flancs sont fluides, sans arêtes, avec des poignées de portes escamotables, dans la veine de nombreux modèles électriques. La face avant est épurée, avec toutefois une petite grille ouverte dans la partie inférieure du bouclier avant. Les blocs optiques presque triangulaires mettent en avant une signature lumineuse très fine. Le design est consensuel, mais peut faire preuve d’un manque de personnalité sous certains angles.
IM n’a pas non plus oublié les portières sans encadrement, dans un esprit SUV coupé.

A l’arrière la signature lumineuse s’étend sur toute la largeur du SUV. La partie arrière peut rappeler l’Aston Martin DBX, alors que le style général peut lui évoquer un mélange entre Porsche et Tesla.
Sur la version 4WD, les jantes alliage 21″ abritent à l’avant des étriers ventilés à 4 pistons avec des disques de 365 mm. Des étriers dans une teinte orange, et qui sont signés Continental.
Terminons par la palette de teintes, assez réduite avec quatre propositions : du noir comme sur ce modèle d’essai, du gris, du blanc et du bleu.

Un habitacle orienté sur le confort et les équipements
L’habitacle du nouveau IM6 se démarque de nombreuses productions chinoises avec une disposition d’écrans particulière. En partie supérieure, l’écran horizontal de 26,3 » fait penser à ce qu’on peut trouver sur certaines BMW électriques comme la i4, ou encore au Peugeot e-3008. La partie de droite est tactile, mais elle n’est pas là pour piloter l’ensemble des fonctions du véhicule. Car sur la console centrale, vous avez aussi un écran vertical incliné de 10,5 » qui sera vite incontournable. Autour de cet écran, vous ne trouverez tout simplement aucune commande physique ! Réglages de clim, réglages de sièges, choix des modes de conduite, paramétrages des ADAS…tout passe par cet écran, qui vous obligera à quitter la route des yeux.

A l’avant, les deux passagers sont confortablement installés et ne manquent pas de largeur aux coudes. Les sièges sont moelleux, et recouverts d’une sellerie simili-cuir. Ils sont bien entendu électriques, chauffants et ventilés, comme sur d’autres modèles chinois suréquipés qui ne connaissent pas les options. MG propose d’ailleurs deux couleurs pour la sellerie : crème ou gris, une teinte reprise par la partie basse de la planche de bord. Et contrairement à Tesla, ce choix n’impose aucun surcoût.
Devant lui, le conducteur dispose d’un volant assez épuré, juste pourvu de deux molettes. On est loin des volants multifonctions qu’on trouve chez les allemands ou les coréens. Là aussi, l’inspiration Tesla est bien présente.
La qualité de finition est tout à fait positive, avec une montée en gamme par rapport aux modèles MG.

Mais qu’en est-il des places arrière ? Avec un empattement de 2,95 m, l’espace ne manque pas pour les passagers arrière. Rien à dire pour l’espace aux jambes, ni pour la garde au toit avec un toit panoramique sans velum qui laisse aussi de la place en hauteur, tout en apportant de la luminosité.
Sous le hayon, la contenance du coffre devrait convenir à tout le monde avec un volume généreux de 665 litres. Cette contenance se complète d’une contenance de 32 litres sous le capot avant, avec un petit frunk bien présenté, avec couvercle.
Pour charger des objets lourds, il est possible d’abaisser le seuil du coffre grâce à la suspension pneumatique, comme sur le dernier Mercedes GLC électrique.

Une puissance hors normes
L’IM6 est un SUV qui sort du lot face à la concurrence, étant donné la fiche technique présentée à ce niveau de prix. Deux versions sont proposées, en deux ou quatre roues motrices. L’IM6 AWD qui nous intéresse ici profite d’une configuration électrique classique, avec un moteur à l’avant et un second à l’arrière. C’est surtout le niveau de puissance qui interpelle, avec 751 ch ! MG annonce ainsi un 0 à 100 km/h en seulement 3,5 s, un temps de supercar…Une nouvelle fois, les voitures électriques bousculent toutes nos références. C’est aussi le chrono d’un certain Model Y Performance, un concurrent de taille.
Malgré son gabarit imposant, l’IM6 est très maniable. Sa botte secrète ? Des roues arrière directionnelles, comme ce que propose Renault sur son Rafale. Sauf qu’ici, IM est allé encore plus loin en proposant un étonnant mode crabe ! A tester en vrai pour se rendre compte de son fonctionnement et des sensations plutôt étranges de glisser comme sur du verglas. Est-ce pour autant très utile ?
Le rayon de braquage profite en tout cas de ces roues arrières directrices pour faciliter les demi-tours et les manoeuvres en ville.

Sur route, l’IM6 dévoile rapidement ses cartes. Sa suspension pneumatique mise sur la douceur et le confort, et correspondent aussi à l’esprit qu’on peut trouver à bord. Ce n’est donc pas la vocation sportive qui est mise en avant, malgré des performances élevées, mais bien celle d’un SUV routier destiné à abattre des kilomètres sans sourciller. Avec 2,4 tonnes sur la balance, l’IM6 ne fait pas oublier la généreuse batterie NCM (nickel-cobalt-manganèse) de 100 kWh. Que ce soient les réglages de suspension, ou encore le ressenti de la direction, là encore l’IM6 ne revendique pas de caractère véritablement sportif.
Malgré tout lorsque vous serez bien placé pour tester l’accélération de l’engin en ligne droite, vous verrez à quel point les 802 Nm de couple permettent de s’arracher du bitume avec une vélocité impressionnante. Un exercice impressionnant, certes, mais qui ne sera pas vraiment le point fort de ce gros SUV.
En autonomie, si la version 2WD annonce 625 km, cette version surpuissante doit se contenter de 505 km en chiffre d’homologation. Dans la vraie vie, batterie chargée à bloc vous serez donc plutôt sous les 500 km, ce qui psychologiquement ne donne pas une énorme marge de manoeuvre. Mais ce modèle chinois réserve heureusement une autre bonne surprise sur la partie recharge.
Là encore, l’IM6 est bien placé face à la concurrence puisqu’il adopte une architecture 800V. De quoi afficher une puissance DC impressionnante de 396 kW, et un temps 17 minutes pour charger de 10 à 80 %. Même avec une autonomie moyenne, la recharge rapide peut largement changer la donne lors de longues distances sur autoroute.
Lors de notre essai, nous avons relevé une consommation de 19,4 kWh, plutôt raisonnable au vu du poids du véhicule et du niveau de puissance.

En matière d’aides à la conduite, nous avons pu tester l’aide au stationnement autonome. Ce système permet de sélectionner sur l’écran l’une des places de parking identifiées, et il n’est ensuite pas nécessaire de freiner ou d’accélérer, tout est géré automatiquement. Un système convaincant, qui pourra plaire à ceux qui n’aiment pas maneuvrer un SUV imposant.
Un budget qui passe la barre des 60.000 euros
Les tarifs du MG IM6 débutent à 56990 euros, soit 3000 euros de plus que la berline équivalente, l’IM5. Ce prix correspond à l’entrée de gamme 2WD, qui annonce une autonomie intéressante de 625 km. Pour passer aux deux moteurs et de 407 à 751 ch, il faudra ajouter 6000 euros supplémentaires, soit 62990 euros.
Si le tarif reste conséquent, à ce niveau de prix il faut bien avouer que le niveau de puissance élevé, les technologies embarquées et l’équipement de série le justifient très largement. Difficile de trouver une concurrente aussi bien pourvue ! Mais attention tout de même : le Tesla Model Y Performance est également tarifé 62990 euros. Tout aussi performant, il affiche une autonomie supérieure ( 580 km ) et peut aussi bénéficier d’une image et d’une cote de revente forcément supérieure, l’IM6 étant encore méconnu du grand public.

Et si vous voulez pousser jusqu’à une comparaison avec Porsche, un Macan Turbo qui passe de 0 à 100 km/h en 3,3 s réclame 122.000 euros, près du double de l’IM6. Et ne parlons pas d’une configuration bien optionnée…Le rapport prix-prestations de ce MG IM6 est donc élevé, mais il faut aussi tenir compte d’un manque d’image et d’une décote supérieure à celle d’un modèle européen plus implanté.
Malgré sa propulsion électrique, l’IM6 nécessite un passage en atelier tous les ans ou tous les 24000 km. Il est couvert par une garantie constructeur de 7 ans pour 150.000 km.






