
BMW n’a visiblement pas l’intention de tourner trop vite la page du moteur thermique. Alors que la marque prépare une nouvelle génération de modèles électriques avec la Neue Klasse, elle vient de lancer la production de sa huitième Série 3 dans une usine qui connaît particulièrement bien cette berline. Dingolfing retrouve un modèle historique de la marque, avec une mission assez claire : fabriquer les versions thermiques, puis les hybrides rechargeables à partir de 2027.
Un retour aux sources qui cache surtout une évolution importante dans l’organisation industrielle du constructeur allemand.
BMW n’a pas envie de choisir entre deux mondes
La nouvelle Série 3 illustre assez bien le dilemme auquel sont confrontés les constructeurs premium. Faut-il accélérer le passage à l’électrique au risque de délaisser une clientèle encore attachée aux motorisations traditionnelles ? BMW préfère visiblement éviter cette opposition.
La huitième génération repose sur une identité commune, mais sa production est répartie entre deux sites. Munich accueille la nouvelle BMW i3 électrique, tandis que Dingolfing récupère les versions thermiques et accueillera prochainement les hybrides rechargeables.
Cette séparation mérite attention. La BMW i3 n’est pas simplement une Série 3 transformée en électrique. Elle inaugure une nouvelle architecture technique, avec les batteries de sixième génération, une installation électrique de 800 volts et des possibilités de recharge particulièrement ambitieuses.
La version i3 50 xDrive revendique notamment 469 ch et jusqu’à 912 km d’autonomie WLTP. Une valeur qui la place parmi les berlines électriques les plus endurantes annoncées sur le marché. La version 40 xDrive affiche pour sa part jusqu’à 710 km.
Face à cette proposition, BMW conserve une gamme thermique qui ne se limite pas à une motorisation d’accès. La M350 xDrive développe notamment 443 ch grâce à un six cylindres en ligne associé à une hybridation légère 48 volts.
Deux philosophies, une même famille de modèles. C’est probablement l’un des paris les plus intéressants de cette nouvelle génération.

Dingolfing retrouve un modèle qu’elle connaît depuis 1980
Le choix de cette usine n’a rien d’une décision prise au hasard. La première BMW Série 3 E21 y était déjà assemblée à partir de 1980. Plusieurs générations de la berline se sont ensuite succédé sur les chaînes jusqu’en 2004. Le site a également fabriqué la Série 3 Gran Turismo entre 2013 et 2021.
Au total, plus de 1,15 million de Série 3 ont été produites à Dingolfing.
Le retour de la berline représente donc davantage qu’une nouvelle référence dans le catalogue industriel. Il permet de conforter la place d’un site qui emploie environ 18 000 personnes et produit quotidiennement quelque 1 350 véhicules.
BMW a consacré près d’un milliard d’euros à l’évolution de ses installations de Munich et Dingolfing. Une somme importante, mais qui ne signifie pas que le constructeur a décidé de repartir de zéro.
Une nouvelle voiture sans reconstruire toute l’usine
BMW a choisi de faire évoluer ses équipements existants pour accueillir cette génération. La Série 3 partage notamment certaines lignes d’assemblage avec les Série 4 et Série 5. Une organisation qui permet de jongler entre plusieurs modèles et différentes configurations mécaniques.
Le constructeur a également installé une nouvelle ligne dans l’atelier de carrosserie, capable de prendre en charge plusieurs types de motorisations.
Autre détail intéressant : environ un tiers des quelque 750 robots présents sur les installations proviennent d’équipements déjà utilisés auparavant. BMW mise donc sur le réemploi plutôt que sur le remplacement systématique de ses machines.
La modernisation concerne aussi la logistique. Environ 250 robots de transport intelligents circulent dans l’usine pour acheminer les pièces et alimenter les postes de travail. Les opérations sont davantage automatisées, tandis que l’intelligence artificielle et la digitalisation prennent progressivement leur place dans les contrôles qualité.

La Neue Klasse ne sera pas réservée aux voitures électriques
C’est sans doute le point le plus intéressant pour les futurs acheteurs. BMW ne compte pas conserver ses innovations technologiques derrière une frontière entre modèles électriques et thermiques.
La nouvelle Série 3 récupère notamment le BMW Panoramic iDrive, une architecture électronique entièrement renouvelée et des systèmes d’assistance à la conduite de dernière génération.
L’habitacle adopte donc une approche numérique qui rapproche les différentes motorisations. L’écran panoramique projeté à la base du pare-brise devient l’un des éléments centraux de cette nouvelle expérience à bord.
Le constructeur a également travaillé sur certains détails de fabrication. L’usine de Landshut fournit notamment les culasses et carters moteur des quatre et six cylindres, mais aussi des éléments d’habitacle. Une technologie d’éclairage intégrée aux surfaces de la planche de bord doit notamment apporter une signature visuelle particulière.
La Série 3 doit encore convaincre sur la route
Avec plus de 18 millions d’exemplaires vendus depuis 1975, la Série 3 n’est pas un modèle comme les autres dans l’histoire de BMW. Elle a longtemps constitué une référence pour les amateurs de berlines dynamiques, notamment face à la Mercedes Classe C et à l’Audi A4.
Le lancement commercial des versions thermiques est prévu progressivement à partir du premier trimestre 2027. Les variantes hybrides rechargeables arriveront dans un second temps, tandis que la BMW i3 électrique suit son propre calendrier industriel à Munich.
BMW prévoit par ailleurs de lancer environ 40 modèles nouveaux ou actualisés intégrant des technologies de la Neue Klasse d’ici la fin 2027.






