
Il suffisait encore de 13 290 € pour repartir avec une Dacia Sandero neuve. Ce prix va disparaître, avec le moteur qui permettait à la citadine roumaine de l’afficher. La Sandero ne devient pas soudainement une voiture chère, mais son statut de voiture neuve la moins chère de France devient un peu moins spectaculaire.
Le responsable s’appelle 1.0 SCe 65. Un trois-cylindres essence atmosphérique de 65 ch qui n’a jamais cherché à faire rêver personne, mais qui remplissait parfaitement son rôle dans la gamme Dacia : proposer une voiture neuve au prix le bus bas…
700 € de plus pour entrer chez Dacia
Le changement est simple à comprendre. Le SCe 65 disparaît du catalogue et les dernières voitures équipées de ce moteur sont désormais vendues sur stock. Une fois ces exemplaires écoulés, la Sandero commencera à 13 990 € avec le 1.0 TCe de 100 ch.
La différence reste limitée à 700 €. Dit comme cela, la hausse peut sembler presque anecdotique. Elle l’est beaucoup moins lorsqu’on parle d’une voiture dont le principal argument commercial repose précisément sur son prix.
La Sandero conserve néanmoins son titre de voiture neuve la moins chère du marché français. La Fiat Pandina, qui lui dispute régulièrement ce terrain, démarre désormais à 15 900 €. Dacia garde donc une avance assez confortable, même après la disparition de son offre la plus dépouillée.
Il faut toutefois regarder ce que l’on obtenait réellement pour 13 290 €.
À 13 290 €, il fallait accepter une Sandero très simple
La Sandero Essential équipée du SCe 65 était clairement conçue pour tirer le tarif vers le bas. Pas de climatisation, multimédia reposant essentiellement sur le smartphone, lève-vitres arrière manuels : l’équipement était réduit à l’essentiel.
Même le moteur reflétait cette philosophie. Avec 65 ch et une accélération de 0 à 100 km/h annoncée en 16,7 secondes, il ne fallait pas attendre de miracle sur la route.
Pour certains acheteurs, disposer d’une voiture neuve, garantie, simple et relativement spacieuse pour moins de 14 000 € pouvait avoir davantage de sens qu’une petite citadine plus moderne mais nettement plus chère. Le SCe 65 n’était pas là pour transformer la Sandero en voiture plaisir. Il permettait surtout de maintenir une porte d’entrée particulièrement basse dans la gamme.

Le TCe 100 change complètement la donne
Le nouveau prix d’appel correspond désormais au 1.0 TCe 100. Avec ses 100 ch et son turbo, le moteur est évidemment beaucoup plus adapté à une utilisation polyvalente que le vieux trois-cylindres atmosphérique.
Mais il faut aussi regarder les tarifs des autres versions, car c’est là que la stratégie commerciale de Dacia devient intéressante.
La Sandero TCe 100 est affichée à 13 990 € en Essential, 16 050 € en Expression et 17 050 € en Journey. Le client qui veut davantage d’équipement grimpe donc rapidement dans la gamme, même si le prix d’entrée reste particulièrement agressif.
Le GPL permet ensuite de monter encore d’un cran avec le 1.2 Eco-G de 120 ch, proposé à partir de 16 150 € en finition Expression. Avec la boîte automatique, il faut compter 17 750 €. La version Journey atteint alors 18 750 €.
N’oublions pas non plus que pour accéder à un véhicule climatisé, il est nécessaire de choisir la Sandero Expression tarifée 16050 euros…
La Sandero commence à changer de monde
La gamme accueille également une motorisation hybride de 155 ch, facturée 19 900 € en Expression et 20 900 € en Journey. Le contraste avec les 13 290 € de l’ancienne version SCe est assez parlant.
En quelques années, la Sandero est donc passée d’une petite voiture essentiellement pensée autour du prix à une gamme capable de proposer essence, GPL et hybride, avec des niveaux d’équipement qui n’ont plus grand-chose à voir avec ceux de la version d’entrée de gamme.
C’est aussi une évolution logique pour Dacia. La marque ne peut pas éternellement conserver un moteur ancien uniquement pour afficher un prix catalogue très bas, surtout si les ventes se concentrent déjà sur des versions plus puissantes et mieux équipées.
Le problème est que les clients qui achetaient précisément la voiture la moins chère ne suivent pas forcément cette évolution.
Le vrai problème est peut-être ailleurs
Frank Marotte, directeur des ventes, du marketing et des opérations de Dacia, a expliqué à Challenges que Renault avait choisi de ne pas investir dans l’adaptation du SCe 65 à la future norme Euro 7.
Cette réglementation européenne doit s’appliquer aux voitures neuves à partir du 29 novembre 2027. Adapter un petit moteur atmosphérique ancien pour prolonger sa carrière aurait donc demandé des investissements alors que la prochaine génération de Sandero approche.
Le calcul industriel paraît assez évident, d’autant plus que Renault l’a également abandonné sur la Clio. Ce moteur était en effet bien proposé sur la Clio 5, mais n’a pas suivi sous le capot de la Clio 6. Et l’ancienne Twingo 3 l’utilisait également, ce qui n’est plus le cas de la nouvelle venue, 100 % électrique.
L’électrification va encore déplacer le curseur
La prochaine Sandero devrait continuer à faire évoluer cette gamme, avec davantage de motorisations électrifiées. Dacia a déjà commencé à pousser dans cette direction avec l’hybride de 155 ch.
Ce mouvement va forcément compliquer la conservation d’un prix d’entrée extrêmement bas. Une motorisation hybride, une batterie, une électronique plus complexe et les équipements associés ne permettent pas de jouer dans la même catégorie de prix qu’un petit trois-cylindres atmosphérique relativement simple.
C’est là que Dacia se retrouve face à un exercice assez délicat : continuer à proposer des voitures abordables sans rester figée dans des solutions techniques que les réglementations européennes rendent progressivement plus difficiles à maintenir.
Pour l’instant, la Sandero conserve une longueur d’avance sur ses concurrentes en matière de prix. Mais le seuil symbolique des 13 000 € est désormais remplacé par le seuil des 14000 € !






